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Patrimoine - Ville de Pia
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L’église Saint-Cyr et Sainte-Juliette

L’édifice est consacré à Saint-Cyr (ou Sant-Quirc) et Sainte-Juliette. Si ces deux saints sont associés comme patrons de l’église, c’est parce que Cyr était le fils de Julitte, très illustre matrone d’Icône, et qu’ils auraient été martyrisés ensemble à Tarse en Cilicie vers l’an 230, sous l’empereur Alexandre, tout simplement parce qu’ils étaient soupçonnés d’être chrétiens. La légende nous raconte que chacun des supplices infligés se retournera contre les bourreaux.

Son culte va se reprendre au Moyen Age, le petit martyr est invoqué pour soigner les enfants malades, il est fêté le 16 juin.

L’église de Pia est mentionnée pour la première fois en 991 : Gausfred 1er, Comte du Roussillon, place l’église sous la dépendance de l’évêché d’Elne par voix testamentaire. Cet édifice, probablement agrandi et modifié au XIIe siècle, sera reconstruit avant 1400, puis agrandi une nouvelle fois en 1449 et redétruit en 1858 pour être entièrement reconstruit et consacré en 1879 par Monseigneur Emile Caraguel, évêque d’Elne.

 

L’église est constituée d’une nef unique se terminant par un chevet pentagonal. Le vaisseau central est bordé de part et d’autre de chapelles. Seule la chapelle dédiée à la Sanch (la passion) semble datée du XVe siècle, elle est ornée d’un retable daté de 1678 et réalisé par Louis Générés, grand sculpteur du XVIIesiècle ; le contrat d’exécution de ce retable a été heureusement conservé. Le mobilier de l’église est daté des XVIIe et XIXe siècles. Elle conserve cinq retables dédiés à : Saint-Grégoire, Saint-Pierre, Saint-Joseph, Sainte-Germaine et Sainte-Catherine. On peut admirer aussi la cuve baptismale en marbre, ornée d’une corde sculptée antérieure au XVIIe siècle, ainsi qu’une croix processionnelle en bois sculpté. L’orfèvrerie de l’église qui comptait plusieurs pièces dont certaines furent fondues en 1792 pour des besoins d’argent ; en 1794 quelques statues furent brûlées (ADPO c-1350). Cependant le reliquaire en bois sculpté et doré renfermant les reliques de Saint-Cyr et Sainte-Julitte est encore conservé aujourd’hui.

Notre Dame de la Salud ou Saint-Saturnin d’Ortolanes

Le hameau d’Ortolanes est mentionné pour la première fois en 956 « villas Ortolans ». L’étymologie du nom « Ortolanes » vient du latin « Hortus » qui désigne un jardin. Notre Dame de la Salut était l’église paroissiale de ce hameau appelé Ecclesia Sancti Saturnini (église Saint-Saturnin).

C’est à Ortolanes que passait la voie principale allant de Narbonne à Perpignan ; elle traversait l’Agly au gué ou au pont de Peracalc où se trouvait alors une ferme portant le même nom. Le hameau a disparu mais la chapelle est restée. Elle fut fondée probablement sur une villa romaine : des vestiges antiques, des tessons de porterie, attesteraient cette hypothèse.

Dédiée d’abord au premier évêque de Toulouse, Saint-Saturnin, la chapelle, propriété de l’évêché d’Elne, fut cédée en 1151 au prieur (Moine qui dirige une abbaye) d’Espira de l’Agly.

En 1200, Pons de Vernet donne à Pierre II d’Aragon sa « villa d’Ortolanes ». Pierre II la lui restitue sous forme de fief (terre que le vassal tient de son seigneur) en l’autorisant à y construire une « força » (tour fortifiée). A quelques pas de là, près de Rivesaltes, existait un autre hameau, celui de Tura. En 1333, la population de Tura demande à son seigneur l’abbé de Fontfroide et au Roi de Majorque Jacques II, l’autorisation de s’installer ailleurs pour cause d’inondations fréquentes. Il semble que le village d’Ortolanes ait connu le même sort au XVe siècle, l’abbé d’Elne demande au Pape l’union des différentes cures (paroisses) en 1405.

C’est au cours du XVIIe siècle que la chapelle Saint-Saturnin change de nom et est dédiée à Notre Dame de la Salut (Nostra Senyora de la Salut) : le pays est ruiné, les épidémies sont récurrentes et les populations s’en remettent à la protection mariale (protection de la Vierge-Marie). La chapelle est récupérée par un ermite et se transforme en ermitage jusqu’à la révolution française.

En 1793 l’ermitage est vendu comme bien national, après que fut voté la Loi en 1790 qui déclarait “que tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la Nation ”.

Tombée en ruines, la chapelle Notre Dame de la Salut est rachetée en 1845 par la commune de Pia qui la réhabilita. Un nouvel ermite laïc prit place dans la chapelle.

En 1986, la chapelle a été restaurée et aménagée en espace de loisirs ouvert à tous les pianencs.

L’édifice très simple se compose d’une nef unique se terminant par une abside circulaire inscrite dans un mur plat, dont les piédroits dateraient du XIIe siècle.

La fête de notre Dame de la Salut est le 5 août.

Le château

Ce château fut commandé par l’archevêque de Narbonne. Une inscription relevée par Renard de Saint Malo, aujourd’hui apposé sur la façade de l’église toute proche, atteste de cette fondation : « L’an de grâce 1242 », et le sept des calandes de juin (26 mai) fut commencée l’œuvre de ce château par Raymond Pierre Icher-Magre, sous l’autorité et l’ordre de Guillaume de la Broue, par la grâce de Dieu, Archer de la Sainte Eglise de Narbonne, qui commit à la surveillance de cette construction Raymond de Monteils, son curé D’alest, Guillaume Doucesi étant « Bailli ».

Les archevêques reconstruisirent le château en 1242, et entretiennent les remparts dont il reste quelques éléments de murs et une porte fortifiée en pierre datant de 1249 (ADPO 53J139).

S’appuyant probablement sur une construction primitive, le château devait être d’un plan quadrangulaire, en galets, qui a conservé plus d’un demi périmètre de son pourtour. Seules les bases de la porte, aménagée au sud, restent visibles. Il s’agit vraisemblablement d’une tour porche dont il ne subsiste plus que l’arc brisé de la porte proprement dite, précédé des piédroits de l’assommoir et des rainures, à peine marquées, du passage de la herse. En 1276, mention est faite du portail sous le nom de « Portail du Fort de Notre-Dame ». L’enceinte du village, qui entoure les marges du promontoire, ne subsiste qu’à l’état de vestiges, en partie discernable dans le parcellaire. On repère cependant deux tours flanquantes : l’une à l’est, enclavée dans les habitations, et les fragments d’une autre plus au sud. Une tourelle remaniée est visible sur le front sud, au fond d’une courette. Enfin, au sud-ouest, un tronçon de muraille a pu être repéré lors des travaux de réfection d’un immeuble.

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Les vestiges d’une fontaine datant de 1827

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