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Belle mémoire

Sur le parcours de Louis Torcatis dit Bouloc.

… instituteur, musicien de l’Harmonie de Pia, résistant… cette exposition met l’accent sur les temps forts de la vie de ce héros de la Résistance. Lettres, carnets de notes, journaux, instruments de musique, classe d’école ont été les pièces phares de cette exposition.

 

L’expo s’est ouverte un 25 mars car tout commence une 25 mars 1904….

Louis Torcatis est né le 25 mars 1904 à Tautavel dans les Pyrénées-Orientales. Il passe la plus grande partie de son enfance à Pia. Puis il intègre l’Ecole normale d’instituteurs à Perpignan. Instituteur à partir de 1926, il enseigne, à partir de 1932, à l’école de Pia dont il devient le directeur. Pour l’exposition, une salle de classe a d’ailleurs été reconstituée pour l’occasion. Sur le tableau noir, une date est inscrite, 1er octobre 1931, il semblerait que ce soit son premier jour d’instituteur à Pia.
Musicien de l’Harmonie de Pia, animateur, sportif (rugby), militant syndical et politique Louis Torcatis était un homme passionné et…engagé.

 

Un homme engagé

Mobilisé comme officier de réserve au 24e Régiment d’infanterie coloniale (24e RIC) à Carcassonne, il est rapidement envoyé sur la ligne Maginot. Il remplit plusieurs missions qui lui valent de recevoir la croix de Guerre. Fait prisonnier le 15 juin 1940, il est transféré vers un camp d’Allemagne le 23 août. Durant le trajet, avant la frontière allemande, il démonte avec un couteau une planche du wagon et saute en marche, imité par plusieurs camarades.
A bicyclette puis par le train, Louis Torcatis rentre chez lui, à Pia, à la fin du mois d’août 1940.

En septembre 1942, il obtient le poste de directeur de l’école de garçons de Saint-Estève plus près de Perpignan. Sous le nom de « Torreilles », il devient en janvier 1943 chef départemental de l’AS dans les Pyrénées-Orientales au moment où se constituent les Mouvements unis de Résistance (MUR) qui regroupent Combat, Libération et Franc-Tireur. Louis Torcatis groupe autour de lui, avec l’aide constante de sa femme qui est son agent de liaison, des hommes résolus, souvent des collègues instituteurs, organise leur formation militaire et dirige des opérations de destruction. En mai 1943, sur dénonciation, les Allemands procèdent à des arrestations nombreuses dans l’organisation départementale des MUR. Y échappant de peu grâce à son sang-froid, Louis Torcatis passe alors, avec sa femme et ses deux fils, dans la clandestinité et s’installe à Paris. Fin juillet 1943, la famille déménage pour l’Aveyron où Louis Torcatis reprend contact avec la résistance catalane. Il prend le nom de « Bouloc » et est chargé, fin 1943 de créer des groupes-francs (GF) dans les cinq départements de la Région R3 (Languedoc-Roussillon). Il monte en quelques semaines une efficace organisation chargée des actions de sabotage, d’attentats contre les Allemands et de l’exécution des jugements prononcés par le Tribunal militaire du Maquis à l’encontre des collaborateurs. Il est promu au grade de lieutenant-colonel des Forces françaises de l’intérieur (FFI) au début de l’année 1944. Il reçoit au printemps 1944 la direction des Corps-francs de la Libération (CFL) qui réunissent les unités militaires de la Résistance (AS, ORA, GF, maquis et action ouvrière) pour la région R3. Il s’attache alors, dans des conditions difficiles, à réaliser l’unité de commandement militaire de la Résistance de R3. Traqué par les Allemands et la Milice, Louis Torcatis, le 18 mai 1944, à Carmaux dans le Tarn où il a installé son PC, tombe dans un piège monté par la brigade de l’intendant Marty. Menotté, il tente de s’échapper et est abattu froidement. Laissé pour mort, il trouve la force de faire prévenir ses hommes et est emmené dans un état désespéré dans une clinique. Malgré les soins qui lui sont prodigués, il décède le lendemain à 5 heures du matin. D’abord inhumé sur place à Carmaux, treize mois après son assassinat, le corps de Louis Torcatis fut rapatrié à Pia, où se trouve le caveau familial. Croix de guerre 1939-1945 avec citations, il fut élevé après la libération au grade de chevalier de la légion d’honneur et reçut le titre de Compagnon de la Libération à titre posthume.

Voilà pourquoi Louis Torcatis est dans notre quotidien……

En 1949, à l’initiative des instituteurs des Pyrénées-Orientales, un monument fut inauguré à Perpignan, une œuvre de l’architecte Cyprien Llionansi, en forme d’arche de granit. Depuis, de rues, de places, groupes scolaires, centres culturels, bibliothèques portent son nom.

Un expo pour tous

Pour les jeunes écoliers sont venus nombreux. Ils ont mieux découvert cet épisode de la 2ère guerre mondiale. Et bien sûr pour les pianencs dont les grands-parents ont côtoyé dans leur quotidien ce héros.

 

[Aujourd’hui / Conférence Louis Torcatis, le Résistant] Animée par Etienne Llauro, auteur de la biographie de Louis Torcatis intitulée « Torcatis « Bouloc ».
Dimanche 26 Mars à 16 heures – 1er étage salle Jean Jaurès.

Un grand merci

L’événement a demandé plusieurs mois de travail et de recherche afin de réunir les différents documents et objets. Monsieur le maire, pendant son discours d’inauguration a souhaité remercier l’implication de Martine Fougerit, élue en charge de la culture. Et bien sur les bénévoles qui l’ont entourée pour monter cette exposition : Corinne Moronta, Berengère Espejo, Jany Balent, Jacques Martimore, Mme André, directrice de l’école Louis Torcatis, Mme Danielle Martin, membre de l’école de musique, Monsieur Romero, président du Souvenir Français, Monsieur Aragon, président des anciens combattants, et Etienne Llauro, auteur de la biographie de Louis Torcatis intitulée « Torcatis « Bouloc ».

Et c’est avec beaucoup d’émotion que Monsieur le maire a adressé une dédicace plus particulière pour leur travail de mémoire à Madame Cornella, madame Barboteu et a remis la médaille de la ville à monsieur Réné Torcatis.

Une suite

Cette exposition remet à l’honneur un homme qui le mérite « Notre liberté, lui, l’a payé de sa vie » comme l’a clôturé Michel Maffre. Pour aller plus loin dans cette reconnaissance légitime la ville projette en lui consacrant un musée, comme l’a précisé Monsieur le Maire et souhaite que le Département, représenté par Marie Pierre Sadourny ce jour-là, soit à l’écoute de cette réalisation.

 

    

 

 

 

 

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